Auld Alliance France Écosse : l’histoire qui a façonné Aubigny

Mai 29, 2026 | Non classé | 0 commentaires


L’Auld Alliance est un traité militaire signé le 23 octobre 1295 à Paris entre la France et l’Écosse contre leur ennemi commun : l’Angleterre. Qualifiée de « plus vieille alliance du monde » par le général de Gaulle en 1942, elle a façonné deux siècles et demi d’histoire commune et son héritage le plus vivant se trouve aujourd’hui à Aubigny-sur-Nère, dans le Cher.


Eh oui, l’Écosse est passée par le Berry. Depuis 1423, cette petite cité du bord de la Nère abrite l’un des chapitres les plus romanesques de l’histoire franco-écossaise : des connétables en kilt, un château Renaissance bâti par des Highlanders, des maisons à colombages offertes par un seigneur écossais à ses voisins sinistrés. À deux heures de Paris, l’Écosse existe, il suffit de savoir où regarder.

Aubigny-sur-Nère, dans le Cher, est le seul lieu en France où l’on peut dormir dans une demeure construite par un Écossais, visiter le Centre d’interprétation de l’Auld Alliance et célébrer chaque été les Fêtes franco-écossaises, faisant de cette petite cité du Berry la capitale vivante de la plus vieille alliance du monde.


Qu’est-ce que l’Auld Alliance exactement ?


Quel traité a lancé tout ça en 1295 ?

Tout commence à la fin du XIIIe siècle, dans un contexte de double crise : l’Écosse traverse une guerre de succession fragilisante après la mort du roi Alexandre III en 1286, tandis que la France de Philippe le Bel entre en conflit ouvert avec l’Angleterre d’Édouard Ier dans la guerre de Guyenne (1294–1297).

Face à cet ennemi commun, les deux royaumes envoient une délégation à Paris. Le traité est officialisé le 23 octobre 1295, puis ratifié par le Parlement écossais le 23 février 1296.

Le texte insiste sur « l’ancienneté vénérable » du lien d’amitié franco-écossais. Un lien que certains faisaient remonter jusqu’à Charlemagne, même si les historiens s’accordent sur 1295 comme acte de naissance officiel. Le traité est ensuite renouvelé en 1326 à Corbeil-Essonnes (traité de Corbeil) par Robert the Bruce et Charles IV, puis réaffirmé à de nombreuses reprises durant la guerre de Cent Ans.

Pourquoi la France et l’Écosse s’alliaient-elles ?

La logique est aussi simple qu’implacable : tout ce qui affaiblit l’Angleterre sert simultanément les deux royaumes.

Le traité prévoit que si l’un des deux pays est attaqué par l’Angleterre, l’autre doit ouvrir un second front au nord de la frontière anglaise. Pour l’Écosse, petit royaume menacé d’absorption par son puissant voisin, l’alliance avec la grande puissance capétienne offrait une légitimité internationale inestimable.

Pour la France, par contre,c’est une épée de Damoclès diplomatique suspendue en permanence au-dessus de Londres.


Quelles batailles ont scellé cette alliance ?


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Les Écossais ont-ils combattu pour Jeanne d’Arc ?

Oui, et c’est l’un des épisodes les plus méconnus de l’histoire franco-écossaise.

En 1421, plusieurs milliers de soldats et de cavaliers écossais débarquent à La Rochelle pour prêter main forte au roi Charles VII, acculé en Berry par les Anglais. Cette armée remporte la bataille de Baugé le 22 mars 1421, première victoire française en bataille rangée depuis Azincourt (1415). Quelques années plus tard, en 1429, lors du siège d’Orléans, des soldats écossais combattent aux côtés de Jeanne d’Arc, contribuant au renversement du cours de la guerre.

Ces victoires coûtèrent cher : lors de la bataille de Verneuil en 1424, environ 6 000 soldats écossais périrent en une seule journée. C’est le poète et diplomate Alain Chartier qui, en 1428, courut à la cour d’Écosse pour implorer le roi de ne pas « se détourner de son ancien ami », prononçant cette phrase saisissante : « l’Auld Alliance n’a pas été écrite sur un parchemin de peau de brebis mais gravée sur la peau d’homme, tracée non par l’encre mais par le sang ».

Qu’est-ce que la Garde Écossaise du roi de France ?

Impressionné par la loyauté et la vaillance des soldats écossais, Charles VII constitue vers 1422 une garde personnelle d’élite entièrement composée de soldats écossais. Cette Garde Écossaise est chargée de la protection permanente de la personne du roi, un honneur sans équivalent dans l’histoire militaire médiévale.

Elle fut dédoublée en 1444 pour créer deux compagnies distinctes : les archers du corps du roi et les gendarmes écossais.

Fait remarquable : la Garde Écossaise continua de protéger tous les rois de France bien après la fin officielle de l’alliance en 1560, jusqu’à la Révolution française. Sa dernière heure héroïque sonna le 10 août 1792, quand ses membres choisirent de défendre la famille royale aux Tuileries aux côtés des Gardes Suisses, au péril de leur vie. La compagnie fut définitivement dissoute en 1830, après 467 ans de fidélité.

Envie de vivre cette histoire autrement que dans les livres ? À Aubigny-sur-Nère, vous pouvez dormir dans une maison bâtie par un Écossais en 1832, à deux pas du château qui porta l’alliance. 

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Comment Aubigny est-elle devenue la Cité des Stuarts ?


Pourquoi Charles VII a-t-il offert Aubigny en 1423 ?

En mars 1423, dans une lettre patente restée dans les archives, Charles VII fait don de « la ville et seigneurie d’Aubigny », une petite terre berrichonne bâtie sur la rivière Nère, à son « cher et amé cousin Jean Stuart, seigneur de Darnelé et de Concressault, connestable de l’armée écossaise ». La raison est explicite : Jean Stuart de Darnley a répondu à l’appel de la France « en intention et mettant à effet les anciennes alliances des royaumes de France et d’Écosse » et lui a amené « grande compagnie de gendarmes et de trait » à un moment de « très grand besoin ».

Aubigny restera sous possession écossaise pendant 250 ans, jusqu’à l’extinction de la lignée Stuart en 1672.

C’est cette longue présence qui vaut à la ville le surnom de Cité des Stuarts, un titre qu’elle porte avec fierté encore aujourd’hui sur ses drapeaux, ses maisons à colombages du XVIe siècle et son whisky The Aubigny Auld Alliance, hommage liquide à sept siècles d’amitié franco-écossaise.

Qui était Jean Stuart de Darnley ?

Jean Stuart de Darnley est l’une des figures les plus puissantes de la présence écossaise en France.

Cousin du roi d’Écosse, il débarque à La Rochelle en 1421 à la tête d’une armée qui va changer le cours de la guerre de Cent Ans. Après la victoire de Baugé, il reçoit d’abord la seigneurie de Concressault, puis celle d’Aubigny en 1423. Il mourra lors de la malheureuse « Journée des Harengs » en 1429, mais sa famille perpétuera sa lignée à Aubigny pendant deux siècles et demi.

Son petit-fils Béraud Stuart et son gendre Robert Stuart, tous deux compagnons d’armes de Bayard dans les guerres d’Italie, feront construire les deux joyaux architecturaux de la région : le Château des Stuarts (aujourd’hui hôtel de ville d’Aubigny) et le château de La Verrerie à Oizon, à quelques lieues d’Aubigny.

En 1512, lorsqu’un grand incendie ravage presque entièrement la ville, Robert Stuart autorise ses habitants à prendre le bois de ses forêts privées pour reconstruire, un geste de seigneur écossais qui explique le charme unique des maisons à colombages qui font toujours le caractère d’Aubigny.


L’alliance a-t-elle vraiment pris fin en 1560 ?


Auld Alliance France Écosse

Qu’est-ce que la double nationalité franco-écossaise ?

L’une des dimensions les plus surprenantes de l’Auld Alliance est qu’elle accordait aux ressortissants des deux pays un statut de double nationalité automatique. Dès le XVe siècle, tout Écossais résidant en France (et inversement) bénéficiait de la naturalisation automatique, pouvait posséder des biens fonciers et transmettre sa propriété. Cette clause, unique dans l’histoire diplomatique européenne, fut progressivement étendue, confirmée par Henri II et renouvelée par Louis XIV en 1646.

Elle ne fut révoquée qu’en 1903 par le gouvernement français d’Émile Combes, puis par le Parlement britannique en 1906. Plus de six siècles après la signature du traité de 1295, un droit exceptionnel issu de l’Auld Alliance était encore en vigueur.

Que reste-t-il de l’Auld Alliance aujourd’hui ?

Sur le plan juridique, le traité d’Édimbourg du 6 juillet 1560 est considéré comme l’acte de décès officiel de l’Alliance, après 265 ans d’existence.

L’alliance atteignit pourtant son apogée symbolique en 1558, quand Marie Stuart, reine d’Écosse, épousa le futur François II, unissant les deux couronnes le temps d’un règne éphémère. L’union des couronnes britanniques en 1603, puis l’Act of Union de 1707, achèvent d’enterrer la vieille alliance.

Mais certains historiens avancent que l’Auld Alliance n’a jamais été formellement abrogée. Dans les faits, l’amitié franco-écossaise vit sous de nouvelles formes : la création en 2018 du Trophée de l’Auld Alliance (remis lors du Tournoi des Six Nations entre la France et l’Écosse), l’Auld Alliance Day célébré chaque 23 octobre, date anniversaire du traité de 1295,et les Fêtes franco-écossaises d’Aubigny-sur-Nère chaque été en juillet.

Envie de vous réveiller au bord de la Nère avec ce programme à portée de main ? Voir les disponibilités du Cottage Mackinley


Où vivre l’Auld Alliance en France en 2026 ?


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Qu’est-ce que le Centre d’interprétation d’Aubigny ?

Inauguré en 2024, le Centre d’interprétation de l’Auld Alliance est installé au rez-de-chaussée du Château des Stuarts, Place de la Résistance à Aubigny-sur-Nère. Construit au XVIe siècle par Robert Stuart de Lennox, maréchal de France, puis remanié par la duchesse de Portsmouth Louise de Kéroualle au XVIIIe siècle, ce château classé monument historique abrite aujourd’hui la mairie et un parcours de visite ludique et interactif.

Sur la façade trône le blason des Stuarts d’Aubigny, auquel fait face le Monument de l’Auld Alliance : une immense épée entourée d’eau et de rochers, symbole de l’alliance franco-écossaise de 1295. Le centre propose une visite classique ou un escape game Le Fantôme des Stuarts, ouvert du mardi au dimanche, de juin à septembre, avec une application mobile pour prolonger la visite dans les rues de la ville.

La Petite Cité de Caractère d’Aubigny-sur-Nère accueille également chaque juillet les Fêtes franco-écossaises, rassemblement de pipe bands, campements d’Highlanders, défilés historiques et marché médiéval. La 34e édition se tiendra du 10 au 12 juillet 2026.

Séjourner dans une demeure écossaise : le Cottage Mackinley

À moins de dix minutes à pied du Château des Stuarts, le Cottage Mackinley incarne peut-être la forme la plus intime de l’Auld Alliance. Construit en 1832 par Sir Walter Mackinley, gentleman écossais venu s’établir sur les bords de la rivière Nère, ce gîte 4 étoiles Atout France accueille de 2 à 15 personnes dans 7 chambres à la décoration à thématique écossaise. Tartans, armoiries, mobilier d’époque : chaque pièce de la demeure du 14 Rue du Bourg Coûtant rappelle que l’Écosse n’a jamais vraiment quitté le Berry.

Accessible en 2h depuis Paris (A71 ou TER Bourges – Aubigny), le Cottage Mackinley constitue la base idéale pour découvrir la Cité des Stuarts, le château de La Verrerie à Oizon, les tours de la Route Jacques-Cœur et assister aux Fêtes franco-écossaises.

La ville entretient d’ailleurs un jumelage symbolique avec Haddington, ville écossaise du Lothian, témoignage vivant de l’Auld Alliance Day célébré des deux côtés de la Manche.

  • 7 chambres — 4 salles de bain — capacité 2 à 15 personnes
  • 2 cuisines entièrement équipées — grande table commune — salon de jeux
  • Jardin en bord de rivière Nère — salle de réunion — Wi-Fi fibre
  • Label 4 étoiles Atout France — décoration écossaise authentique

C’est exactement ce que vous cherchez si vous lisez cet article jusqu’ici. De 2 à 15 personnes, le Cottage s’adapte à votre groupe. Réserver votre séjour sur cottage-mackinley.fr 


FAQ


Qu’est-ce que l’Auld Alliance entre la France et l’Écosse ?

L’Auld Alliance (Vieille Alliance) est un traité militaire et diplomatique signé le 23 octobre 1295 à Paris entre Philippe le Bel et Jean Balliol, roi d’Écosse. Conclue contre l’Angleterre, ennemi commun des deux royaumes, elle est qualifiée de « plus vieille alliance du monde » par le général de Gaulle en 1942.

Pourquoi Aubigny-sur-Nère est-elle appelée la Cité des Stuarts ?

En 1423, Charles VII offrit la seigneurie d’Aubigny au connétable écossais Jean Stuart de Darnley en remerciement de son aide militaire lors de la guerre de Cent Ans, au titre de l’Auld Alliance. La famille des Stuarts conserva ce fief pendant 250 ans, laissant une empreinte architecturale et culturelle unique dans le Berry.

L’Auld Alliance est-elle toujours en vigueur aujourd’hui ?

Officiellement, le traité d’Édimbourg de 1560 a mis fin à ses clauses militaires. Cependant, certains historiens considèrent qu’elle n’a jamais été formellement abrogée. Son esprit perdure à travers le Trophée de l’Auld Alliance (rugby, depuis 2018), l’Auld Alliance Day le 23 octobre et les Fêtes franco-écossaises d’Aubigny chaque juillet.

Quelle est la plus vieille alliance militaire du monde ?

L’Auld Alliance franco-écossaise de 1295, qualifiée ainsi par le général de Gaulle dans son célèbre discours d’Édimbourg du 23 juin 1942 : « la plus vieille alliance du monde ».

Où peut-on voir les traces de l’Auld Alliance en France ?

Aubigny-sur-Nère, dans le Cher, est le seul lieu en France où l’on peut dormir dans une demeure construite par un Écossais, visiter le Centre d’interprétation de l’Auld Alliance et célébrer chaque été les Fêtes franco-écossaises. Le Château des Stuarts, le Centre d’interprétation et le château de La Verrerie à Oizon en font la capitale vivante de l’Auld Alliance.

Peut-on séjourner dans un lieu lié à l’histoire franco-écossaise ?

Oui, le Cottage Mackinley, construit en 1832 par Sir Walter Mackinley à Aubigny-sur-Nère, est un gîte 4 étoiles à thématique écossaise situé à deux pas du Château des Stuarts. Il offre la possibilité unique de dormir dans une demeure bâtie par un Écossais, au cœur même de la Cité des Stuarts.